Logo-20-Minutes20minutes.fr, le 19 novembre 2014. Vous n’avez pas la fortune de Bill Gates? Peu importe. Pour être heureux, la manière dont vous dépensez votre argent compte bien plus que la taille de votre compte en banque. L’économiste Mickaël Mangot a rassemblé dans un ouvrage intitulé Heureux comme Crésus? Leçons inattendues d’économie du bonheur (éditions Eyrolles), trente règles qui défient parfois l’intuition. 20 Minutes en a retenu cinq.

1. Offrez-vous des expériences

S’offrir un cours de salsa ou une soirée concert vous apportera beaucoup plus de bonheur que de vous acheter un nouveau pull. Autrement dit, «entre deux dépenses “accessoires”, il faut privilégier ces petits événements qui vont vous étonner, vous surprendre, vous faire grandir», analyse Mickaël Mangot.

Pour que l’impact sur le bonheur soit le plus fort, l’expérience doit être inhabituelle. «Si une personne dîne régulièrement au restaurant, y manger un soir de plus influencera peu son bonheur. Mais si elle s’adonne rarement à cette activité, elle pensera longtemps à cette sortie, avant qu’elle ait lieu mais aussi après.»

2. Faites des cadeaux toute l’année

«Les cadeaux sont comme les conseils: ils font plaisir surtout à ceux qui les donnent», disait l’ex-ministre Edouard Herriot. Des chercheurs américains lui donnent raison: les dépenses prosociales, c’est-à-dire pour les autres, nous rendent plus heureux que celles pour nous-mêmes.

Les études montrent aussi que le montant du cadeau importe peu. Alors, soyez généreux (avec vous-même): faites régulièrement des (petits) cadeaux à vos proches. Et remettez-les en mains propres, vous gagnerez encore en bonheur.

3. Réservez vos vacances à l’avance

Vous êtes le roi de la dernière minute? Aie. Une étude menée sur des personnes qui ont tenu un journal avant, pendant et après leurs vacances prouve qu’elles parlent de leurs séjours plus positivement avant et après leur voyage que pendant. Parce que les phases d’anticipation et de souvenir leur permettent de se focaliser sur les caractéristiques essentielles des vacances (rencontres, découvertes…) alors qu’en temps réel, les tracas logistiques ou relationnels affectent leurs impressions.

Et comme «la recherche montre que penser à des événements futurs déclenche des émotions plus fortes que se remémorer ces mêmes événements survenus dans le passé», plus de doute: on réserve ses vacances d’été dès maintenant.

4. Attendez avant de changer de logement

«A cause de l’habitude, le surcroît de bonheur qu’offre l’achat d’un nouveau logement ne dure pas longtemps», explique Mickaël Mangot. Les études prouvent que la satisfaction progresse l’année du déménagement, puis qu’elle décroît sans cesse les cinq années suivantes.

Si nous surestimons la part que les biens matériels peuvent prendre dans notre bonheur, nous sous-estimons leur impact sur le plan financier. «Avant de changer de logement ou de voiture, réfléchissez à l’argent que vous économiserez chaque mois en conservant celui ou celle que vous avez. Et pensez à tous les plaisirs et toutes les expériences que vous pourriez vivre avec cet argent», recommande Mickaël Mangot.

5. Acceptez tout plutôt que le chômage

Evidemment, perdre son emploi nuit gravement au bonheur. Pas seulement parce que le chômage implique des revenus moindres. Une étude anglaise prouve que les allocations-chômage devraient représenter sept fois le salaire perdu pour compenser l’effet négatif de la perte d’emploi sur l’estime de soi et les relations sociales.

La recherche montre aussi qu’il vaut mieux accepter des emplois précaires que de rester oisif. Si la question divise sur le plan idéologique, des études allemandes démontrent queles personnes ayant un minijob ou un emploi à 1 euro affichent une satisfaction de la vie supérieure aux chômeurs qui ne travaillent pas. L’effet est encore plus prononcé si l’emploi correspond aux compétences de la personne. En revanche, «il disparaît quand le participant considère l’emploi occupé comme dégradant», précise Mickaël Mangot.