SVI 3CONFERENCE. Le 30/01/2020 s’est tenu à l’Institut Français de Milan un séminaire sur l’innovation managériale, l’autonomie et la confiance organisé par SNCF Voyages Italia. Durant ce séminaire, SVI a projeté dans le cinéma de l’Institut le documentaire “Petit traité de libération d’entreprise”. Ce documentaire retrace le long processus de “déverticalisation” du management au sein de SVI.

C’est dans ce cadre que j’ai pu donner une intervention sur le thème “L’autonomie, voie royale vers le sens et la performance en entreprise ?”. L’intervention, devant un public franco-italien, a été prolongée par une table-ronde. Celle-ci incluait Andrea Montuschi (Président de Great Place to Work Italia), Marc Mathys (co-fondateur de Paradigme21) et Francesco Mondora (PDG de Mondora.com).

Vitamines et lubrifiant

J’ai d’abord présenté l’autonomie comme étant un besoin universel consacré par la psychologie positive (notamment par la théorie de l’auto-détermination) et comme un besoin démultiplié dans les sociétés post-matérialistes.

Puis j’ai montré que l’autonomie faisait partie des chemins importants vers le sens et la satisfaction au travail, lesquels participent à la performance. En cela, l’autonomie est une des vitamines du travail.

Dans un troisième temps, j’ai rappelé que l’autonomie passait par une nécessaire confiance dans les autres, une confiance qui fait malheureusement trop souvent défaut en France comme en Italie, d’où un management encore largement vertical.

C’est d’autant plus dommageable que la confiance joue le rôle de lubrifiant de l’entreprise et de l’économie au sens large. Sans confiance, les coûts de supervision augmentent et la performance collective diminue.

Pourtant les études en économie comportementale montrent bien que lorsque l’on fait confiance, on n’est que rarement trahi. Au contraire, lorsque l’on fait confiance, les autres se montrent volontiers honnêtes, loyaux, volontaires et généreux.

Ce qui m’a permis de conclure que l’humain est double : à la fois égoïste et altruiste, à la fois fainéant et volontaire. Tout dépendra du contexte. Une tâche cruciale du manager est donc de créer l’environnement de travail adéquat pour activer le bon état d’esprit. Mais attention à ne pas forcer l’autonomie. La vraie autonomie consiste à pouvoir choisir quand être autonome et quand être subordonné. Elle implique de pouvoir être capable de demander du feedback, de l’aide, de la supervision quand on sent que c’est nécessaire. Il n’est pas toujours simple d’être un agent 100% libre.

Le mot final est revenu à Tocqueville. « Il n’est rien de plus fécond que l’art d’être libre, mais il n’est rien de plus dur que l’apprentissage de la liberté. » 

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