BNP Expert, Numéro 7, Mars Avril 2012. Propos recueillis par Franck Pauly le 7 février 2012.

La finance comportementale étudie les comportements des investisseurs. Ceux-ci sont-ils de super calculateurs froids et efficaces… ou bien des humains comme les autres avec leurs émotions et leurs croyances ?

  • Quels sont les grands principes de la finance comportementale ?

La finance comportementale cherche, de manière scientifique, à évaluer via différents matériaux (questionnaires, relevés de transactions, expériences en laboratoire…) les comportements des investisseurs et tester s’ils témoignent ou non d’une parfaite rationalité. Les résultats montrent que les investisseurs, individuels ou professionnels, ne sont pas pleinement rationnels. Leurs comportements affichent au contraire de nombreux biais cognitifs, émotionnels et sociaux.

  • Mais cela n’est-il pas contradictoire avec le principe d’efficience des marchés ?

Si, ça l’est. Un marché est efficient si tous les investisseurs sont rationnels ou, au moins, si la rationalité de certains (les professionnels) permet de compenser l’irrationalité des autres et de ramener constamment les prix de marché au niveau des valeurs fondamentales. Or les chercheurs ont observé que les professionnels n’étaient pas immunisés contre les biais psychologiques et que les différentes populations observées (investisseurs individuels, professionnels, analystes, dirigeants de sociétés cotées…) ont tendance à afficher les mêmes biais dans les mêmes environnements. Il n’y a donc pas de vrais garde-fous sur les marchés qui empêcheraient des phases d’excès d’optimisme ou de pessimisme.

Voir la suite de l’interview: http://www.produitsdebourse.bnpparibas.fr/fr/ExpertiseBourse.aspx?Download=Warrants/fr/doc/EXPERT%207_VF_WEB.pdf