A lire dans le nouvel ouvrage collectif du Cercle Turgot, Grandeur et misère de la finance moderne, paru aux éditions Eyrolles. Avec notamment des contributions de Christian Saint-Etienne, Philippe Dessertine, Jean-Marc Daniel, Jean-Paul Betbèze, André Lévy-Lang, Georges Pauget, Pascal Salin, Philippe Jurgensen, Claude Revel…

 

La finance comportementale a émergé comme domaine d’études académiques aux Etats-Unis au début des années 1980 avec les premières contributions d’un petit groupe de professeurs de finance (Hersh Shefrin, Robert Schiller, Werner De Bondt, Richard Thaler) intéressés par l’étude des comportements des investisseurs et des mouvements de marché sans parti pris théorique. Très vite, ils se sont mis à échanger régulièrement avec des psychologues comme Daniel Kahneman et Amos Tversky spécialisés dans l’étude des comportements individuels en univers risqué. Vingt-cinq ans plus tard, la finance comportementale a cessé depuis longtemps d’être un courant de recherche à la marge et s’est imposée comme le paradigme le plus à-même de remplacer l’approche néoclassique dominante en finance depuis les années 1950. Cette approche standard se voulait construite autour de deux postulats centraux: la rationalité des individus et l’efficience des marchés. Forte de ces deux piliers, l’approche standard a pu modéliser de manière élégante les équilibres de marchés avec des conclusions fortes aussi bien au niveau microéconomique  (à l’équilibre tous les agents atteignent leur optimum avec des portefeuilles qui maximisent le couple rentabilité-risque) que macroéconomique (les prix de marché reflètent parfaitement les valeurs fondamentales compte tenu de l’information disponible). Dans une approche radicalement opposée, la finance comportementale ne postule pas que les investisseurs sont rationnels pour ensuite déduire de ce postulat des prédictions concernant les équilibres de marché. S’inspirant de la psychologie, la finance comportementale observe empiriquement les comportements réels des investisseurs à partir de différents matériaux (questionnaires, expériences en laboratoire, décisions de la vie réelle…) et compare ces observations aux mouvements de cours sur les marchés. Dans de nombreux cas, les observations répétées induisent que les prémisses aussi bien que les conclusions de la théorie néoclassique sont fausses, invitant l’ensemble de la finance à changer de paradigme.

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